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Photos du livre |
LA MOUFLETTE.
Mouflette et son arrière-grand-père vivaient en harmonie. Sans plus… La maladie de celui-ci sera à l’origine de ce « plus ».
Dans l’urgence, ils vont aller l’un vers l’autre en puisant chacun dans leur âme.
L’imagination de Mouflette va ouvrir la porte des rêves au vieil homme qui s’évadera de la maladie.
Pour lui répondre, il explorera sa mémoire en lui en révélant les trésors insoupçonnés par l’enfant et par l’ensemble de la famille.
La vie est une histoire vraie.
Les illustrations de "La mouflette" sont des aquarelles originales de Coralie Pluchon, illustratrice, en trek au Ladakh
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| A noter que Dominique Barbier est membre d'une association littéraire, "D'Ames et Pages", dont l'un des objectifs est de promouvoir la création féminine. Pour plus de renseignements, veuillez vous référer à la rubrique "Liens" qui se trouve sur la page d'accueil... |
Extraits du livre
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Chapitre I
L’accident de grand-papy
- On ressort d’une attaque mort ou crétin, j’en sais quelque chose car j’en ai déjà fait une.
- Maman c’est quoi crétin ?
- N’écoute pas grand-papy, il exagère et dit des sottises.
- Mais non je n’exagère pas. Je sens que mon cerveau est rogné.
- C’est quoi « rogné » ?
- Il dit des bêtises…
- Mais c’est quoi « rogné » ?
- C’est comme un gâteau grignoté par une souris. Il en manque des petites miettes.
- C’est pour ça que tu es tellement malheureux grand-papy ? Il te manque des morceaux dans la tête…
- Viens Mouflette. Laissons-le se reposer. Fais lui de gros bisous, nous reviendrons demain.
Demain mon grand-papy chéri, j’imaginerai un moyen pour retrouver tes petites miettes…
Elle a la graine du bonheur cette petite.
Elle est surtout inquiète, elle a tant besoin de toi !
Mais je ne suis plus tout à fait comme avant…
C’est une question de temps.
Et de volonté. Je ne suis pas sûr d’en avoir assez pour me battre et ne pas me laisser glisser vers la mort.
J’ai encore rien trouvé, mais j’ai quand même une idée…
Ne sois pas triste. Ce ne sont pas vraiment des petits bouts de tête qui sont perdus. C’est surtout que grand-papy est très fatigué, très triste d’être malade et qu’il a besoin de beaucoup d’amour pour avoir envie de guérir.
Tu veux que je te raconte une histoire ?
Non Mouflette, je suis épuisé. Un jour peut-être…
Plus tard mon petit, plus tard…
D’accord Mouflette, je t’attendrai. *
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Grisha
Sais-tu Mouflette que c’est la capitale de la Russie et la plus grande ville d’Europe ?
En 1940, il a fait moins 42 et…
Chut grand-papy ! ce n’est pas maintenant qu’il faut inventer l’histoire…
Mouflette, moi je connais le nom du menuisier, c’est Geppetto.
Et moi celui du pantin, c’est Pinocchio. Mais grand-papy tu ne dis plus rien maintenant…
Et alors ?
Alors ? Devine…
C’est à nous d’écrire la fin ? Et si on inventait une « fin-fable » ?
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Une fin impossible dans la réalité de ton histoire.
D’accord, mais j’aimerais bien que Grisha reparte avec un vrai cadeau.
Rassure-toi, nous allons le mettre dans le train avec quelque chose que personne n’aura jamais…
Quoi ?
Je ne sais pas encore ma Mouflette… Réfléchissons.
Tout était beau mais rien ne plaisait à Grisha. Il tournait la tête dans tous les sens. Il repéra soudain quelque chose d’autre, tout là haut sur les étagères qui l’entouraient. Il tendit un doigt vers un jouet,
Spatial très difficile à trouver en France,
Non grand-papy, je sais que tu aimes les avions mais je n’ai pas envie qu’il en achète un pour son copain,
Bon, bon…
Il tendit un doigt en direction d’un petit homme en pâte à modeler très colorée,
En pâte à modeler ?
Le marchand le prit et tourna une clé qu’il avait dans le dos et le petit bonhomme se mit à faire des gestes,
Des gestes précis et des actions que l’on ne comprenait pas,
Il, il, il …
Dansait des claquettes, grimpait à califourchon sur un cheval de course,
Tirait le lait des vaches comme mamie Francine,
Roulait sur une roue avec son vélo de course,
Sautait sur le dos d’un monstre,
Jouait au football,
Stop, stop grand-papy. Comment pouvait-il faire tout cela ?
Grâce à une pâte à modeler spéciale. Une pâte magique, qui se transformait à chaque coup de clé.
Et hop ! un coup de clé pour être danseur, deux pour être cavalier,
Trois pour être fermier quatre pour être champion cycliste,
Et chaque fois, chaque fois, il était habillé selon son métier,
Et entouré des objets qu’il aimait comme le cheval,
Le vélo, le monstre. Mais, au fait, il était grand comment ce bonhomme fantastique ?
C’est ça la magie Mouflette. Il était comme on le rêvait.
Moi, je veux qu’il coupe du bois, comme toi avant.
Un bûcheron avec une hache ?
Oui. Il fend du bois, beaucoup de bois et n’est jamais fatigué,
Alors pourquoi tire-t-il cette langue immense ?
Il tire une langue très longue et rouge parce que, parce que…
Il a soif ?
Non, il attrape des petites choses très bonnes et très sucrées qui tombent,
Du ciel ?
Non, des arbres. Sa langue toute collante s’enroule comme celle des caméléons,
Oh ! elle vient de s’écraser contre sa bouche et il ne peut rien manger du tout.
Alors c’est que ce bonhomme en pâte à modeler à un défaut,
Ou que le fabricant ne l’a pas terminé,
Grisha ne pourra pas l’acheter ?
Bien sûr que si. Nous allons supprimer les mouvements de langue.
Grisha demanda au vendeur d’emballer le bonhomme,
Il n’oublia pas de demander le prix de la magie…
C’est combien ?
Sorok ou si tu préfères, 40,
Ce n’est pas très cher pour de la magie,
Pokoupaïu,
Tu dis quoi grand-papy ?
Je le prends.
On entendit enfin les grelots de la porte tintés à toute volée car Grisha était très en retard,
Il couru si vite que le froid ne le rattrapa pas,
Il glissa son cadeau magique dans sa grosse valise.
La referma, l’étiqueta et la rangea dans le compartiment des bagages.
Il était heureux,
Et malheureux à la fois,
Mais grand-papy on n’aura pas le temps de raconter pourquoi, car j’entends maman qui arrive.
Alors, Do svidania,
Do svidania. Au revoir et bon voyage Grisha !
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Epilogue
Dans ce récit, la logique serait que les rôles tenus par Mouflette et grand-papy soient inversés. Habituellement, ce sont bien les adultes qui racontent des histoires aux enfants.
Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, c’est grâce à l’imagination, à la générosité d’une petite fille et au comportement bienveillant d’un très vieux monsieur, qu’on été mises en lumière de précieuses qualités de cœur. Des qualités qui permettent de garder, de cultiver ou de retrouver l’estime de soi. Naturellement, et très rapidement, l’enfant et le vieillard ont réveillé des talents qui somnolaient en eux et qui n’avaient peut-être jamais été explorés. Ces dons pouvaient paraître futiles. Pourtant l’écoute, l’adhésion et les encouragements mutuels ont participé à une authentique découverte de l’être cher.
Après quelques réticences, au début de sa maladie, grand-papy a décidé de faire confiance à Mouflette en acceptant son aide. Dès lors, elle à su le réconforter et l’encourager à reprendre goût à la vie.
S’ils se sont autorisés à rêver, leurs rêves ont toujours déclenché des dialogues nourris par des expériences vécues. Au fur et à mesure du temps qui passait, la « sagesse » leur a permis d’envisager l’inévitable séparation.
Mouflette a recueilli un savoir et des confidences comme un dernier cadeau de son grand-papy.
La vie est une histoire vraie ! |
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